11e Conférence au sommet de l’OCi de Dakar
Des ruptures de taille dans le fonctionnement de la structure
A la veille de la tenue à Dakar, de la conférence au sommet des souverains, chefs d’états et de gouvernements de l’Organisation de la conférence islamique (Oci), les observateurs avertis avaient souhaité que la structure procède à une rupture profonde dans la démarche jusqu’ici mise en œuvre. A l’arrivée, incontestablement, l’évaluation des résultats enregistrés leur a procuré globalement satisfaction.
Car, la rencontre de Dakar a permis aux souverains, chefs d’états et de gouvernements des pays membres de l’Oci d’adopter d’importantes décisions qui mettent désormais sur les rails, une organisation solide, efficace, dotée d’outils techniques, administratifs, scientifiques, etc., afin de faire face aux défis du millénaire. C’est dans ce sens qu’a été évalué le Programme d’action décennal de la Oumah, adopté lors de la troisième (3e) conférence extraordinaire au sommet de La Mecque, les 5 et 6 décembre 2005. Un véritable outil de développement.
Il a été aussi question, au sommet de Dakar, de faire le point sur le Fonds de solidarité islamique destiné à la lutte contre la pauvreté, dont la création avait aussi été décidée à La Mecque, lors de la troisième conférence extraordinaire au sommet. Son capital est fixé à hauteur de 10 milliards de dollars Us, pour la première phase. Déjà, en 2005, le roi Abdallah d’Arabie saoudite y avait apporté une première contribution de 1 milliard de dollar, la Banque islamique autant, le Kuwait 5OO millions de dollars Us.
L’Afrique au cœur des préoccupations de l’OCI
Dans cette optique, l’Afrique ne sera pas en reste, dans la mesure où, au vu de la déclaration et de la résolution adoptées à Dakar, et les objectifs assignés à ces instruments de lutte contre la pauvreté, on retient que notre contient est au cœur des préoccupations des dirigeants de la Oumah. Pourvu que les chefs d’états du continent fassent preuve de pragmatisme et d’esprit d’anticipation, en proposant des projets et programmes d’action susceptibles d’être pris en charge par la direction de l’Oci. C’est d’ailleurs sur ce terrain que Me Abdoulaye Wade, qui se veut un champion du panafricanisme, est interpelé, si l’on sait que le Sénégal préside de l’Oci pendant les trois prochaines années trois (3) ans, tant la conférence au sommet que celle des ministres des affaires étrangères de la d’ailleurs que le président.
Tout comme, au moment où l’Afrique souffre plus que tout autre continent des effets de la crise multiforme qui secoue le monde, d’autres enjeux se dressent devant la présidence sénégalaise de l’Oci.
Terrorisme, mondialisation, droits de l’homme, bonne gouvernance
En jetant un coup d’œil sur la déclaration adoptée lors de la conférence islamique au sommet de Dakar, on note une volonté de prendre en charge les préoccupations afférentes à la pauvreté, au développement technologique de la Oumah, entre autres objectifs.
Dans cette optique, les dirigeants de al communauté islamique ont affirmé la volonté de faire siennes « les préoccupations de la communauté internationale, face au terrorisme » et réaffirmé le « souci constant de l’Oci de ne pas être en reste dans les actions collectives destinées à relever les défis majeurs avec lesquels les nations sont confrontées, dans le cadre de la mondialisation ». En conséquence, l’accent a été mis sur la nécessité d’accorder l’importance qui sied aux notions de droits de l’Homme et de bonne gouvernance, afin de les promouvoir continuellement dans tous les pays membres, comme éléments incontournables de progrès et d’épanouissement humains.
A cet égard, l’Oci devra d’avantage s’appuyer sur les potentielles dont sont dotés certains des états membres, pour mieux peser au plan international, et faire face efficacement aux difficultés liées à la mondialisation et qui affectent principalement les pays africains membres. Il est heureux de constater que le sommet de Dakar n’a pas occulté cette nécessité absolue, de même que le plan d’action décennal n’en a pas fait fi.
En attestent ces indications de la déclaration de Dakar : « Nous dirigeants des Etats membres de l’Oci exprimons le souci et l’engagement faire jouer notre rôle dans la maîtrise des problèmes induits par la mondialisation », et « réaffirmons notre volonté politique de susciter ou de soutenir toutes initiatives visant, entre autres, à combattre les catastrophes naturelles, à résoudre les défis environnementaux qui menacent l’humanité, à éradiquer la pauvreté, à participer pleinement à la campagne mondiale pour résorber la fracture numérique, notamment, par des contributions volontaires, à faire face à la question lancinante de l’Energie, facteur vital de développement, ainsi qu’à la promotion de la femme, de la et de l’enfant, donc de la famille, devenue une exigence majeure de société ».
Appui aux minorités islamiques et à l’Afrique
De la 10e conférence islamique au sommet de Putrajaya (La Malaisie) en passant par la 35 conférence islamique des ministres des affaires étrangères de Sanaa (Yémen), et celle de Jeddah (Arabie saoudite), au sommet extraordinaire de MAkka Al Moukarramah et celui de Dakar, les questions volontés sus-exprimées ont été la dominante des travaux. En la matière, l’Organisation de la conférence islamique, ne compte pas moins s’occuper des minorités musulmanes. A cet effet, elle compte mettre en œuvre l’esprit de solidarité, d’entre aide et de soutien à son prochain, facteurs essentiels des enseignements de la Sharia et de la Souynah De sorte que, comme le stipule des dispositions du programme d’action décennal qui explique que « la coopération intra-islamique, dans les domaines de compétence que couvrent les trois Comités permanents de l’Oci, est un devoir impérieux que dictent à la fois ces enseignements et les exigences nouvelles du développement, dont nos Etats doivent tirer profit des avantages et identifier les effets pervers, notamment au plan de la culture islamique, afin de les combattre avec efficacité ».
A telle enseigne que la rencontre de Dakar souligne « la pleine conscience de ce devoir, dont l’accomplissement doit être constamment sous-tendu par le concept de solidarité islamique ». C’est la raison pour laquelle la mise en œuvre des objectifs assignés au Pad , surtout au volet coopération à tous égards, par la mobilisation aussi bien des pouvoirs publics que du secteur privé, dont le rôle capital dans la réalisation de cette vaste entreprise de coopération intra-islamique est devenu une évidence.
Dans ce cadre la situation de l’Afrique a particulièrement retenu l’attention de toutes les composantes de l’Oci. Sachant que les uns et les autres sont convaincus que les problèmes de pauvreté préoccupants avec lesquels continent africain est confronté doivent absolument susciter un élan de solidarité retentissant du reste de la Oummah islamique, du fait des immenses ressources et potentialités économiques dont regorgent un bon nombre d’états.
D’où l’urgente nécessité d’exécuter Islamique, des dispositions contenues dans le Programme d’action décennal et relatives à l’appui au développement et à la lutte contre la pauvreté en Afrique.
Dans cette direction, il est à relever que le sommet de Dakar a retenu d’inscrire, « parmi les priorités de l’Action islamique commune, l’allègement, par les Etats membres créanciers, des dettes bilatérales et multilatérales des pays africains à faibles revenus membres de l’Organisation de la conférence islamique, d’autant que, selon le programme d’Action Décennal, « une attention particulière doit être accordée à l’Afrique, qui est la région la plus affectée par la pauvreté, les maladies, l’analphabétisme, la famine et le poids de la dette ».
Dans ce dessein, les souverains, chefs d’&états et de gouvernements de l’Oci précisent que « cet allègement doit être opéré dans des proportions et des délais tenant compte du lourd fardeau de la dette dans les économies africaines ».
Dans la même dynamique de solidarité et d’entre aide, ils ont engagé les Etats à apporter leur contribution, dans les meilleurs délais, au Fonds spécial de solidarité islamique logé à la Banque islamique de développement (Bid), pour que son capital fixé à 10 milliards de dollars Us.
Néanmoins, les états islamiques les plus nantis, précisément ceux qui produisent du pétrole et du gaz, sont interpellés en ces temps où l’Afrique est le continent le plus touché par la crise alimentaire qui sévit partout. Parce qu’ils ont la clé de la cause principale de ce phénomène : la montée vertigineuse et sans ralenti du prix du baril de pétrole. En quoi faisant ? En accordant un traitement de faveur pour les pays pauvres d’Afrique (et d’ailleurs) dans la vente de la roche précieuse. Pas de gratuité ; mais leur accorder un tarif préférentiel au nom de la solidarité islamique et des échéances de payement conformes à la situation de chaque état bénéficiaire.
C’es là que réside l’interpellation très pertinente faite aux états arabes nantis par M. Samba Fall, alors ministre de la Jeunesses et des affaires islamiques de la République de La Gambie, à la 35e conférence islamiques des ministres des affaires étrangères à Sanaa (Yémen). M.> Fall avait dit : « Je m’adresse à vous frères en Islam ; arrêtez de placer vos biens et d’investir dans les pays nantis ; au nom de la solidarité islamique qui nous réunit ici, venez investir et aider les pays africains dont les populations se noient dans les affres la pauvreté ». Cette interpellation du DR Samba Fall vaut son pesant d’or, aujourd’hui, où la plupart des pays africains sont rudement éprouvées par une situation dont leurs gouvernants ont du mal à trouver des solutions, parce que ne maîtrisant pas l’une des causes : la distribution du principal facteur de production qu’est le pétrole.
En conséquence, le président Abdoulaye Wade qui a toujours revendiqué un panafricanisme soutenu et son adhésion à l’idée d’un gouvernement du vieux continent, est interpellé à plus d’un titre : il est le président en exercice de l’Oci, donc chargé de l’exécutif de la structure. Il lui incombe alors, de tout mettre en œuvre pour que l’engagement de la 11e conférence islamique au sommet à appuyer la lutte contre la pauvreté dans les états membres.